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31/12/2013

ROGER GILBERT-LECOMTE (1907-1943) : "ENTENDS, DE TOUT TON INTELLECT ENTENDS, JE PROCLAME LA DIALECTIQUE HISTORIQUE DU DEVENIR DE L'ESPRIT."

En hommage à Roger Gilbert-Lecomte, mort à Paris le 31 décembre 1943.

 

Il fut, parmi d’autres – dont René Daumal, Roger Vailland et le peintre Josef Sima – l’un des animateurs de la revue Le Grand Jeu qui, de 1928 à 1930, expérimenta, avec une puissante exaltation littéraire, la perspective métaphysique de l’existence humaine.  




 

« (…) Souvenez-vous, hommes, du fond caverneux de vous-mêmes : votre peau n'a pas toujours été votre limite. Il fut un temps où la conscience n'était pas emprisonnée dans cette outre puante, un temps où le cercle magique des horizons lui-même ne suffisait pas à emprisonner l'homme. Et je ne parle pas seulement d'Éden dont les clôtures étaient de rêve.

(…) Or, voici le fil d'Ariane, voici la voie initiatique, voici la loi du Devenir de l'Esprit :

Souviens-toi donc, homme sinistre, de ton omniscience originelle. Surgis de tes ténèbres intérieures. Je n'instruis pas, j'éveille et nul n'est initié que par lui-même.

Dans l'incréé Principe l'Esprit sommeille prénatal, bercé entre l'être et le non-être parmi les limbes des possibles infinis. Par l'Acte pur natal, il se retire en lui-même pour émaner des êtres limités. La création tout entière correspond à une phase de dégradation de l'énergie par individuations successives jusqu'au plus vaste morcellement des ions magnétiques de l'atome.

La phase inverse est la loi de tout esprit limité dont l'obscur vouloir, à travers le devenir, doit tendre à sortir de soi, à s'universaliser, jusqu'à recouvrer l'intégrité de son unité primordiale. Alors, s'étant énuméré, l'Esprit un et total se réalise dans la plénitude de son être.

Et ces deux phases du Rythme de l'être sont celles de la respiration des poumons des battements du cœur et des marées de l'Océan, cœur de la terre.

Que chacun se souvienne : la parcelle d'être qui fût dévolue à sa conscience au commencement du monde n'était pas irrémédiablement séparée de l'être universel, de l'Esprit partout présent sous ces symboles différents que nous appelons les aspects de la matière et qui forment le monde extérieur.

(…) Enfin la synthèse dialectique de l'Esprit commencera de naître quand sa faculté rationnelle prendra pour objet la Sphère de la Révélation et en saisira les lois cosmogoniques, métaphysiques, physiques, éthiques et esthétiques qui seront universellement vraies lorsque l'ascèse accomplie aura anéanti le coefficient d'erreur individuelle.

C'est là qu'est la voie du devenir de l'Esprit. »

 

« L’horrible révélation… la seule », Le Grand Jeu, III (1930)

 

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