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17/12/2022

Renaud FABBRI, La Grande Illusion : Le nihilisme post-moderne à la lumière du Vedânta (Arché Milano, 2022)

 

Renaud FABBRI,

La Grande Illusion. Le nihilisme post-moderne à la lumière du Vedânta

Arché Milano, 2022

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« L’intérêt du bilan établi par Renaud Fabbri […] possède l’immense mérite de cibler, immédiatement, avec une redoutable efficacité analytique, le problème qui est principalement celui de "l’illusion". »

 

Préface de Jean-Marc Vivenza (extrait)

 

« Certains livres, aussi rares que fondamentaux, semblent délivrer une lumière essentielle sur « l’essentiel », ce qui les rend plus qu’indispensables pour ceux qui recherchent, avec un sincère courage et une authentique détermination, les rivages métaphysiques inexplorés de l’indicible indifférencié. De ce point de vue, la réflexion sur « La Grande Illusion » que propose Renaud Fabbri – avec pour sous-titre, fort bien choisi au demeurant, « Le nihilisme post-moderne à la lumière du Vedânta » –, rentre pleinement dans cette catégorie relativement réservée d’ouvrages, et mérite, légitimement, une attention toute particulière qu’il importe de lui accorder, d’autant plus en la présente période si violemment atteinte, comme nous le constatons, hélas, chaque jour passant, par l’immense « confusion » généralisée et à présent « mondialisée », période qui paraît réunir, objectivement, l’ensemble des critères du « nihilisme accompli », ou du « voilement de l’être » s’opposant catégoriquement à la possible éclosion, en son aurore matinale, de la « vérité ontologique », selon l’expression de Martin Heidegger (1889-1976). [...] »

« […] Dans les pages qui constituent cette étude passionnante … nulle faiblesse à l’égard des pièges de la modernité ne vient parasiter l’expression d’une analyse, rendue nécessaire et vitale consécutivement au déploiement intensif du processus d’accélération de la confusion. Le consolant mirage d’une éventuelle « voie » de sortie de l’impasse qui nous est imposée par le triomphe de la modernité triomphante, n’est donc pas fallacieusement entretenu dans son étude par Renaud Fabbri, et son invitation à une intensification du regard analytique s’en trouve de la sorte renforcée.

[…] il ne demeure, à l’évidence, que très peu d’espace pour tenter d’échapper au piège de la réification et de l’aliénation.

Une idée pertinente sur la possibilité « purificatrice » du nihilisme est, à ce stade, exprimée par Renaud Fabbri, avant que d’explorer le champ propre de la métaphysique, se demandant si le nihilisme n’aurait pas, invisiblement, un « versant purificateur  (que symbolise par exemple la déesse Kâli dans la mythologie hindoue), avec l’élimination des institutions traditionnelles qui ont perdu leur âme ou leur raison d’être », signalant, à juste raison, que sur ce point « Julius Evola plus que quiconque a cherché à tirer toutes les conséquences de cette situation » en constituant « une sagesse tantrique pour un temps de crise. »

 

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« ... une sagesse tantrique pour un temps de crise. »

 

« […] l’attitude « tantrique » à laquelle se réfère Evola, qui proposa une œuvre de transmutation des puissances de dissolution « en force de libération et d’éveil », ne s’exerce pas seulement en mode « prométhéen » cherchant, à la façon du « shivaïsme » et des voies de la main gauche, à accélérer l’effondrement du monde par un engagement actif, voire militant, avec toutes les déconvenues et les limites humaines qui lui sont intrinsèquement liées, mais […]  eut pour effet de l’engager dans une ascèse du « détachement » à laquelle il demeura fidèle tout au long de sa vie, et dont la expression fut pleinement théorisée dans la doctrine de l’Éveil, ouvrage publié en 1943, ce qui montre d’ailleurs, qu’en plein temps de guerre, Evola était résolument plongé dans des réflexions qui préfigureront les positions d’ordre quasi taoïste de retrait du monde et l’apoliteia, qu’il défendit par la suite, faisant de lui le défenseur de « l’homme différencié », cultivant le « détachement parfait », dont le but est d’atteindre « l’impassibilité » qui doit caractériser « l’âme noble », s’étant extraite des contingences en ayant rompu son lien au temps, travaillant par ailleurs à se libérer des images et des formes pour parvenir, dans l’ultime de son itinéraire métaphysique, "au-delà des essences et de l’essentialité" ».

« Ainsi – après ce qui vient d’être évoqué et qui pourrait constituer un authentique chemin d’unification entre connaissance métaphysique et ce vers quoi elle tend d’essentiel et de fondamental dans sa recherche, sujet sur lequel se penche avec attention Renaud Fabbri –, si sont écartés les pièges grossiers du matérialisme et que l’on évite également ceux du néo-spiritualisme et des désorientations corruptrices qui ont habituellement tendance à dégrader, y compris les nouveaux chemins émergeants de la conscience, la situation de l’homme contemporain pourrait s’avérer être une opportunité pour entreprendre une remontée vers les régions où « souffle l’esprit. »

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Pour cela il importe en effet de se tenir « debout », et fermement stable au milieu des ruines d’une civilisation qui s’est effondrée, d’éviter le terrible poison de la désespérance, de tendre vers « l’Unité » métaphysique en s’aidant de l’enseignement du non-dualisme provenant des différents courants spirituels issus de la tradition orientale et occidentale, et de penser, le terme employé par Renaud Fabbri est très juste, en « réactionnaire », c’est-à-dire en comprenant que tout est depuis toujours enténébré, car l’Histoire n’est rien d’autre que « l’Histoire continuée de la Chute », et qu’il n’y eut aucun temps, aucune période, aucun « âge » qui échappa à la puissance du négatif, sachant que depuis le commencement des temps la détermination ontologique, fait que chaque époque reproduit, hélas, qu’elle le veuille ou non, les fruits de la rupture originelle, événement fondateur qui brisa l’unité primitive et précipita les âmes déchues dans les fers de la matière. »

« […] Il n’y a en conséquence qu’une unique espérance et qu’un seul chemin à suivre pour les âmes qui aspirent à la rencontre transcendante et transfiguratrice avec le « surressentiel », en quoi consiste la quête de « l’Un », ce que résuma en une courte phrase Joseph de Maistre : « Notre principe à nous, c’est l’Unité. »

C’est pourquoi, en ayant le regard tourné, sans crainte et avec ferveur, vers les rivages de la « seule et unique patrie » à laquelle nous appartenons véritablement, la méditation des réflexions contenues dans La Grande Illusion sera d’une aide précieuse pour aider chacun, s’il est sérieux et constant dans sa démarche, à avancer avec assurance et recueillement dans la direction où se trouve, depuis toujours et pour toujours, irradiante silencieusement en son ineffable secret, l’éternelle "Lumière". »

 

Présentation éditeur 

 

Trop souvent aujourd'hui, le non-dualisme sert d'excuse à un relativisme paresseux et bien-pensant. Pour être en paix avec soi-même et le monde, il faudrait tout accepter du monde qui nous entoure et surtout s'interdire de voir les signes toujours plus manifestes de décadence dans tous les domaines, de la morale au politique en passant par les arts. A rebours de ces interprétations en vogue, l'auteur montre que l'Advaita Vedânta peut servir de base à une résistance intérieure au nihilisme, nous invite à briser toutes les idoles de la post-modernité, quitte à nous rendre coupables de la transgression suprême: ne pas vivre avec notre temps et rester sourds aux sirènes des idéologies à la mode.

Cet essai, aborde des questions aussi variées que le fondamentalisme religieux, la crise écologique, le féminisme ou encore les implications de la physique contemporaine sur notre vision du monde. Il montre aussi l'accord profond entre le Vedânta et la grande tradition intellectuelle issue de Platon, celle qui a nourri toute la spiritualité occidentale. Il a surtout vocation à contribuer au réarmement intellectuel de ceux qui se tiennent debout au milieu des ruines, de ceux pour qui discriminer n'est pas un mot à bannir mais le fait de savoir encore distinguer entre le réel et l'illusoire.

 

Lien diffusion :

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Renaud Fabbri est rédacteur-en-chef de la revue Aditi et directeur des Éditions Le Refuge du Rishi. Docteur en Science Politique de l’université de Versailles et ancien rédacteur-en-chef adjoint de la revue Adyan consacrée au dialogue interreligieux, il a publié en 2015 Eric Voegelin et l’Orient : millénarisme et religions politiques politiques de l’Antiquité à Daesh (Paris : L’Harmattan) et en 2018 René Guénon et la tradition hindoue : les limites d’un regard (Lausanne : L’Âge d’Homme). Voyageant régulièrement en Inde, il a réalisé la même année Guru & Disciple, un film-documentaire sur un monastère shankarien.

 

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