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21/11/2013

LES "SENTIERS ESCARPES" DE JEAN PARVULESCO (1929-2010)

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Photo : The Hunger, de Guy Scott (1983), évoqué dans La spirale prophétique de Jean Parvulesco

« Car dans les nuits et les effondrements, dans les autodéprédations apocalyptiques d'un millénaire en train de pénétrer, avec sa fin, dans la Mabapralaya, dans la Grande Dissolution, les meutes de Julius Evola agissant en ordre dispersé, les confréries de loups-garous courant dans les sentiers les plus interdits de l'être et de l'histoire en train de devenir, définitivement, sa propre transhistoire, risquent encore de pouvoir répondre, envers et contre toute non-attente, au mot suprême de ce qui est ainsi sur le point de nous en venir si épouvantablement. Nous attendons les loups-garous et la septième lune hoerbigerienne. »

(Jean Parvulesco, La spirale prophétique, 1986)



L’essayiste et romancier Jean Parvulesco – mais peut-on décemment le qualifier de façon si limitative ? – est né au Ciel le 21 novembre 2010. Foisonnante, fusionnelle et salvatrice, son œuvre, "métalittéraire" et mystique, est une sorte de "cathédrale" monumentale, parcourue de labyrinthes occultes et de sommets invisibles, d’extensions historiques infinies et d’arborescences métapolitiques subtiles. Elle "témoigne", au sens plénier du terme, d’un enténèbrement infiniment et tragiquement inouï où, étonnamment, se profile, au cœur de l’épique, la figure impériale et expérientielle de Marie et, dans l’ésotérique présence du magistère chrétien, la perspective de l’initiation :

« C’est l’ambiguïté ontologique même de l’Ancien des Anciens, du Premier Adam, qui lui imposera les états, les pouvoirs, la conscience dédoublée en elle-même et les missions eschatologiques, salvatrices et cosmiques du Sacerdoce Suprême : en lui coexistant, d’une part, la mémoire – la souvenance vive, l’anamnesis abyssale – de son Premier Etat, l’état suprahistorique du surhomme voisin du divin, engagé dans l’édifice intime de la divinité, dans l’Aedificium Caritatis, et, d’autre part, la conscience tragique – la conscience séparée – de son Etat Ultérieur, qui est celui de l’actualité historique de l’homme qu’il est devenu à la suite de la chute originelle, et dont l’humanité propre ne sera plus fondée que sur l’obscurcissement, la déchéance de la lumière en lui du surhomme qu’il avait été et qu’il n’est plus, ni ne le sera avant la fin de ce monde-ci, et dont il essayera par tous les moyens de recouvrer la grandeur évanouie. Recouvrance qui ne saurait avoir d’autres voies que celles de l’initiation, du retour secret, rituel, à l’ancienne conscience et aux anciens pouvoirs du surhomme. »

(in Arnaud Guyot-Jeannin, Enquête sur la Tradition aujourd’hui, Guy Trédaniel éditeur, 1996)

A cette noce ontologique, s’invite notamment, au détour de La spirale prophétique d’une production littéraire intense, la figure simultanément absolue et attachante de Jeanne Guyon (1648-1771), en son « immense incendie du pur amour », évocation de celle que saisissait « le plus grand avantage de marcher dans la nuit », et de cette nécessaire jonction, chez Parvulesco, entre une disposition à l’accueil de ces « nuits cosmologiques », où se déroule le « face à face éperdu avec le néant de l’autodissolution », et la promesse, qui lui est conjointe, du « commencement autre ».

S’y invitent aussi, en ce constat « plus noir que l’antre des ténèbres », ces « meutes de la dernière heure », « Grandes Compagnies engagées dans la suprême maîtrise de l’éveil clandestin et de la clandestinité ontologique de l’éveil semblant devenir de plus en plus présentes parmi nous »,  que nous appelions de nos souhaits dans l’à propos  de cet espace virtuel :

 « Tout est donc perdu, à présent. Irrémédiablement perdu, perdu en-deçà de toute espérance et même de toute désespérance. Mais il se fait que, dans le plus profond, dans le plus extrême secret, des hommes sans attache entre eux, des hommes sans visage ni lieu, parviennent malgré tout, de temps en temps, à passer la ligne en solitaires, à retrouver en eux-mêmes l’être d’une transcendance salvatrice et à se mettre ainsi hors d’atteinte. Des constellations aux figures encore insoupçonnables se constituent de cette manière au cœur même du règne visible et tout-puissant des ténèbres de l’anti-tradition, pour y établir les lignes de force occultes d’un tournant final, d’un renversement imprévisible de la situation. Des constellations d’hommes plongés dans une solitude existentielle plus nue que la nudité même de la mort, mais sauvés, tous, en eux-mêmes, et libérés, tous, dans leurs vies, préannoncent, de par le simple fait qu’ils soient là, inconcevablement, la naissance future des confréries spirituelles qui, un jour, l’emporteront en force sur la part actuellement régnante et agissante du non-être. »           

 

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« L’heure du monde est au noir total, on ne le sait que trop. Cependant, sous le règne indivisible et indivis de sa toute-puissance anéantissante, c’est bien ce noir total lui-même qui est appelé à devenir, pour certains, pour le plus petit nombre, le sentier escarpé du dépassement du monde, le sentier de salut au bord du précipice ontologique final. »

(Jean Parvulesco, La spirale prophétique, 1986)